jeudi 2 octobre 2008

Temporel

Le nouveau numéro de la revue littéraire en ligne "Temporel" est paru!
Vous pouvez le retrouver à partir de mes sites favoris ou directement à l'adresse suivante :

http://temporel.fr/

Je rappelle que vous pouvez retrouver certains de mes poèmes dans le numéro 2 et 3 de cette revue à partir du lien suivant :

http://temporel.fr/_David-Schnee_

les informations me concernant ne sont plus tout à fait exactes!

Bonne lecture.

mercredi 1 octobre 2008

Rap

Dans un déclic de ma souris
J’envoie mes mots dans la fibre optique :
Ça ferraille dur dans les nœuds du réseau.
Le verbe surf en novlangue de Paris Turf,
Du tac au tac il réplique
Dans la course épique
Qui oppose les lettres sanscrites,
Ça cut et ça condense :
Kfé, Kkouète, Skimo glaC ?
Il faut bien dé - Compresser entre deux lols.
Désormais on se tâte par chat,
« Tu me plais, Je te plais »
Un petit pear to pear
Et ça repart :
L’homme connecté a un idéal connexionniste,
Ça zappe, ça double – clic … Dépit ! ça bug.
Mes fichiers sont hakés j’ai plus qu’à recommencer,
Briques après briques je reconstruis mon site :
Pour une fenêtre ouverte sur le monde
Combien de volets fermés pour la pénombre ?
Qu’importe ma porte
Moi je prends la clef
Des champs numériques :
Qu’est ce que va bien pouvoir me dealer mon fournisseur d’accès ?
Il dégroupe, on se regroupe,
Je recoupe l’information désirée :
Ça fuse
J’en suis toute confuse.
Déconstruction, reconstruction,
Le mot clef est télé :
Téléphone,
Télé transportation,
Téléchargement,
Une décharge des sens
Jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’essence.
Pour faire le plein je me ressource
Au code source … ça y est
Je m’énerve sur le clavier :
CRIS et chuchotements
Et tout le tremblement.

Dis moi petit,
Réel ça a combien de pixels ?

mardi 30 septembre 2008

Sans titre (1) - à André CHENIER

A pile ou face le sou était retombé exactement sur la tranche. Et la pièce ne cessait de tourner sur elle-même. Aucune décision ne serait prise sur la foi de ce lancer. Aucun pari ne pouvait être tranché. D’ailleurs quel fou miserait sur cette probabilité ? Le coup ne valait pas une tune mais était bien plus que cela. Au début le phénomène était regardé avec curiosité. Puis il fut étudié. Avant d’être délaissé.

Comme une révolution : une marche pour du pain, la prise d’une Bastille et le champ de Mars. Comme une révolution subversive ! A en perdre la tête. Déjà. Et tu claudiquais sur tes pieds (l’un long l’autre court) à saint Lazare sur le départ sans avoir vu les Amériques. Ses herbes grasses, ses feuilles d’herbes si bien chantées … pressenties. Mais quoi, toujours trahis ! Vos rêves évanouis renaissant sans cesse et jamais si bien portés que lorsqu’ils sont légers. « Je sais » dit l’élève qui méconnait. Vous, les croyant, ratiocinateurs, lourds dogmatiques ignorants, programmez, commandez, dictez la mécanique du rêve. Où réside l’oxymore quand l’un des termes anéanti l’autre ?

Liberté chérie, libre pensée, rêve adoré. Je ne vous donnerais pas ma vie mais il est possible que par mégarde je meurs pour vous.

lundi 29 septembre 2008

Des mots (1)

Mon parfum d'ombre

...

Le son de l'air

...

L'ivraie du temps

...

dimanche 28 septembre 2008

J'embrasse des espaces infinis (2)

C’était une forêt pauvre humide, aux hautes frondaisons couvertes de clématites, des plantes rampantes couvraient le sol et des giessen que je devais passer à gué la parcouraient. Je me dirigeais résolument vers l’ouest. De temps en temps les arbres cédaient la place à de vastes prés parsemés de saules têtards. Le terrain en pente douce s’élevait jusqu’à un fossé d’où s’étendait une terrasse de terres agricoles. A l’horizon la ligne bleue des montagnes se dressait. Passé le Piémont cultivé de vignes les collines se couvrirent de forêts où les aulnes, les frênes, les saules étaient remplacés par des marronniers, des chênes, des érables. Des fougères et des herbes grasses prospéraient par terre tandis que les lierres se hissaient sur les troncs rugueux couverts de mousses. Depuis des terrasses de grès s’étendaient à mes pieds au loin la plaine et proche le flamboiement des couleurs de l’automne. A mesure que je montais les tâches vertes persistantes des sapins apparaissaient. Leurs innombrables aiguilles, qui jonchaient le sol, servaient à l’édification de fourmilières géantes en forme de pain de sucre. Des torrents dévalaient les pentes. Je montais encore et le sol devint granitique, bientôt j’affrontais mon premier pierrier. Passée cette épreuve, j’arrivais à un replat où la forêt se clairsemait. Le sol était devenu humide et spongieux. Ma progression s’en trouva ralentie. Au centre de la clairière un lac noir reposait. Le sommet était proche : de l’autre côté de la tourbière une sente se hissait dans un cirque glaciaire bordée des deux côtés par des falaises de granit. Longtemps j’escaladais les parois abruptes par où passait mon chemin. J’arrivais enfin sur les chaumes primaires. Seuls quelques hêtres couverts de lichens poussaient rachitiques et torturés par les vents contraires qui soufflaient sur ces sommets désolés. A perte de vue s’étendait une mer de nuages d’où, tels des îles, se dressait le sommet des montagnes. Un corbeau survolait ce paysage et m’enjoignait à le rejoindre : véritablement je planais sur ces surfaces éthérées.

Je ne repris pied nulle part et de là je poursuivis mon chemin droit vers le sud et à l’est, traversant des pays insensés.

vendredi 26 septembre 2008

Morgendämmerung

Seit die Morgen erscheinen,
Vor der Mitte der Nacht
Wo der Mond so stark wie die Sterne scheint,
Löst das Mittel die verboten Liebe
Und verblühen die Sterne
Und der verblümt Mond
Fliesst, mit dem dunklen Fluss des Himmels,
Wie Gott, selbst, verblutet sein schwarz – blaues Leben,
Ins weisse Meer am Anfang des Tages.

jeudi 25 septembre 2008

Sonnet d'après Juda Halévy

Il est rarement une présence comme la tienne
Qui s’impose de jour comme de nuit à mes pensées
Tu m’accompagnes comme ces vielles antiennes
Qui comme un baume sur le cœur vient le panser

Cette plaie qui s’est ouverte pour ne plus se
Refermer, revient dans mes rêves me hanter,
J’y bois, prégnant et fruité comme un thé russe,
Le souvenir que n’effacerait le Léthé

Le monde se déchire pour mieux se révéler
Et chaque amour respire aux sources de l’Amour
Que je porte et que tu me donnes pour m’élever

Est il temps du dais qui nous sépare, le lever ?
Du fonds de l’abîme spirituel où l’on courre
Le temps glouton nous aura peut être avalé.