
Demeure la Seine
Je la quitte, tu me siffles
Le décor en berne
Au deuxième acte : les mêmes, deux gifles
Je la quitte, tu me siffles
Le décor en berne
Au deuxième acte : les mêmes, deux gifles
Et le feu de la balle surgissant du buisson m’avait aveuglé. C’était un tir solaire qui s’était libéré du branchage après y avoir mûrement concentré ses rayons. Un coup d’œil nonchalant l’avait fait partir qui n’en finissait plus d’être capté par la lumière. Elle irradiait dans un éclat centrifuge mon iris et sa blancheur absorbait toute forme. Alors que la fusion était complète subitement le noir néant s’abattit.
Enfin j’arrivais à Jérusalem. Du mur des lamentations je remontais l’ancienne ville pour emprunter l’antique Cardo : la voie se rétrécissait. De là je sortis par la porte de Jaffa et je descendis les collines de la ville Sainte en me dirigeant vers Jéricho. Sublimes collines de pierre ocre jaune reflétant le soleil. Les troupeaux de chèvre des bédouins, vifs et agiles, y broutaient d’étiques buissons épineux. Arrivé dans la vallée je la descendis, m’y enfonçant toujours plus profondément et laissant derrière moi l’oasis verte des dattiers. J’entrais dans la plaine salée. A ma droite se dressait de curieuses formations géologiques : d’un minéral blanc et gris, morcelé par l’érosion des pluies, des cratères alternaient à de petits monticules. Il me fallait passer par ce paysage lunaire afin de rejoindre les hauteurs. J’arrivais aux monts de Judée alors que le soleil se couchait. Derrière moi la Mer Morte scintillait de mille éclats. Devant moi s’étendait l’infini du désert embrasé par les cieux. C’était le départ et l’arrivée d’un périple sans cesse recommencé où je traçais ma géographie.
Je revenais de la capitale en train, quand en me promenant dans les wagons je croisais mon rabbin. Je fis mine de ne pas le voir mais lui m’avait bien vu ou plutôt sentit. Il me fit signe de rentrer dans sa cabine et de m’asseoir en face de lui, j’obtempérais.