jeudi 13 novembre 2008

Holocauste (1) - Mater Dolorosa

Et la vache portait son veau agonisant dans la gueule.
Elle marchait ainsi vers leur mort,
Arrivés à la fin d’un destin. Non pas d’aurochs ou de bison,
On a le destin que l’on peut : certains brûlent sans cesse dans les feux.

mercredi 12 novembre 2008

Il pleut ...


Il pleut,
Pelisse grise qui vient nous titiller
Pendant qu’un terrier de renards argentés
S’amuse et, de là haut, nous fait la nique.

Il pleut
Et le pelage crânien sur ta nuque
Joue crânement avec les mailles des quelques lunes
Bondissantes, dans l’espace là et rien …

Il pleut,
Ne pleure pas ,
Ce ne sont que quelques perles qui gouttent ça et là sur tes joues
Les baisers que j’aurai bien voulu te donner.

Ne soit pas amère
Les pluies dit on sont acides
Et celle ci n’est pas l’ombre d’une queue
Elle nous gâte de quelques zestes bien frappés.

A présent les hallebardes se sont dressées
Et voilà que ma promenade se pare d’atours princiers
Moi qui me serait contenté de quelques détours printaniers.

Viens, reprenons vite quelques allées moins exposées
Et laissons là pompes et vair.
Le soulier pour pouvoir te retrouver
Et la pompe pour quelques jours immaculés d’hiver.

Et perdus dans ce jeux de miroir entre ciel et terre
Au détour de quelques carrefours peut être pourrons nous nous déceler.

mercredi 29 octobre 2008

DEUTSCHLAND (3) - Ende

Die Erde unserer Vergangenheit
Wo der Untergang liegt
Fürchtet nicht mehr die Blumen
Jetzt fliegt der Wanderer
Mit dem Wind des Blütenblatts

mardi 28 octobre 2008

DEUTSCHLAND (2) - Gesang des Volkes

In unserer Lade bleibt noch Fröhlichkeit
Auf unserer Leiter steigen noch Engel
Vor unserem Ladestock spritzt noch frisches Wasser

An unserem Stamm wachsen noch Äste
Unter unserer Stampfe gibt es noch Mehl
Über unseren Stimmen lobt noch der König

Zwischen unseren Hammeln liegt noch der Löwe
Hinter unserem Himmel steht noch der Gott
Neben unserem Heim leben noch Nachbarn

lundi 27 octobre 2008

DEUTSCHLAND (1) - Incipit

Das Böse ist nicht mehr das Böse

Seit Mauern fallen
Unter Steinen sich brechen
Seit Steine blühen
Unter Flügeln reisen

Nie mehr das Leid tragen
Nie mehr das Land beweinen

Der Tod ist nicht mehr der Tod

Seit Nächte sich erheben
Hinter Nebeln fliehen
Seit Nebel scheinen
Hinter Sonnen brennen

Nie mehr jauchzen die Aschen
Nie mehr wandeln die Schatten

dimanche 26 octobre 2008

Sur la crise financière : bulles spéculatives et autres baudruches



Une connaissance de mes amis me disait un jour :

« Moi je fais de la finance ... les études c'est pas mon truc : ça ne sert à rien! »

Alors étudiant en économie financière, ses propos m'interpelaient.
Assis à une terrasse, tout en l'écoutant, je faisais des bulles dans ma limonade.

« Et, lui dis je, c'est quoi la finance pour toi? »
« Eh bien! Figure toi qu'avec 100 Francs j'ai pu acheter pour 500 F d'actions et je les ai revendues à la fin du mois pour 1000 F, ce qui fait ... enfin j'ai gagné 900 F en un mois! »

Pressentant qu'il attendait quelques éclaircissements scientifiques sur cette multiplication de petits pains je lui répondis :

« Bien, en langage financier tu es donc intervenu sur le MARCHE SECONDAIRE de la bourse. Tu as effectué une OPERATION D'ACHAT VENTE (sans doute en fixant un seuil au prix d'achat ou au moins de revente) le tout en utilisant ton POUVOIR DE LEVIER. Ce qui fait que dans le contexte haussier actuel du cours des actions le RENDEMENT de ton opération est de 1000%, dont il faut que tu déduises les frais prélevés par ta banque. »
« Ouais, tout à fait! Eh bien avec ces 1000 F j'ai racheté des actions et j'ai gagné 10000 F. Et avec ces 10000 F je vais ... »
« OK! OK! OK! Je crois que j'ai compris! »

Moi qui me spécialisait dans la finance je “coûtais” 1000 F tous les mois, qui s'accumulaient pour grossir la dette que je devais rembourser à la fin de mes études à la banque qui m'avait fait crédit; pendant que ce jeune capitaliste insouciant se gonflait des couilles en or en jouant à la loterie et réinvestissant capital et plus value tous les mois.
Dans ce contexte je me demandais si je ne devais pas aller plus loin dans la bêtise en plaçant les mensualités de mon emprunt, négocié à 6%, sur le marché des actions qui me rapporterait du 1000%. Et pourquoi pas les placer sur les produits dérivés : le marché obligataire se portait bien aussi et les junk bonds rapportaient énormément! Les produits à terme! Les options! Ou ...
Certes il ne fallait pas miser sur leur valeur finale, mais simplement spéculer sur leur cours dont la variation positive phénoménale laissait peu de doutes sur la stratégie à adopter : qu'importait le placement à long terme, la recherche de dividendes ou la distribution de coupons, il ne fallait pas chercher à bénéficier de la richesse créée mais jouer sur la valeur future du produit financier c'est à dire in fine de l'organisme émetteur de ce même produit.




C'était au milieu des années 1990, les rentiers se portaient bien et le diagnostic de cher John qui préconisait de les euthanasier était loin d'être partagé par les doctes économistes, dont le nombre croissait encore plus vite que le cour du CAC 40 en cette période d'euphorie financière.
Ils renouvelaient à tour de bras et avec force figure de style les commentaires sur la situation boursière.
Cynisme ou ferme croyance dans les vertus d'une croissance infinie enfin trouvée, toujours est il qu'ils devaient disparaître lors du krach : car une bulle, sachez le, ne se dégonfle pas, elle explose!




L'été précédent ce sinistre automne (les krachs ont “toujours” lieu en automne) j'allais arrondir mes fins de mois en travaillant.
Je trouvais une banque qui voulait bien de moi pour tenir le guichet.
Là aussi la fièvre boursicoteuse faisait des ravages : l'on y vendait des actions comme on aurait vendu des petits pains dans une boulangerie.
A la mère de famille venant retirer des extraits de compte, au petit vieux venant déposer sa pension, jusqu'au RMIste venant négocier son emprunt! L'on faisait goûter des échantillons financiers qui n'étaient même plus négociés dans le secret bancaire de bureaux bien isolés, mais directement au guichet :

« Au fait nous venons d'avoir un arrivage tout frais d'actions X, êtes vous intéressé? Elles sont seulement à 10 F la pièce ... Ou bien préférez vous des actions Y? »

Ecoeuré je pris mon solde de tout compte et allait chercher un travail plus manuel ... on voulait m'y rémunérer en actions!
J'étais cerné.





Enfin la tornade passa, ravageant le château de cartes et occasionnant également quelques dégâts colatéraux, mais le ciel comme rincé était redevenu bleu.
Une jeune fille faisait des bulles de savon à l'aide d'une paille échancrée, j'étais assis à une terrasse observant leur vol avant leur explosion fatale, quand mon ami surgit de nulle part.

« Eh ben, dit il, j'en ai chié des bulles avec la bourse! »
« Que vas tu faire à présent, lui demandais je? »
« Oh! Moi je vais faire entrepreneur ... les études c'est pas mon truc : ça sert à rien! »

samedi 25 octobre 2008

Sans titre (5)

Quoi ? C’est alors, c’est seulement alors, que l’onde astrale se propage ? Car la science est d’abord conscience créatrice. Et si le cours de l’eau nous guidait, si la boussole servait à naviguer, il est des pôles désertiques de l’imagination sans repères. Et si la chute d’un corps met mon être en émoi, la courbure de l’espace temps, un trou noir me déphasent et ne se calculent plus : debout le monde m’appartient mais couché je suis la vigie d’un univers en expansion.

Comme une échelle : la négation du pantographe, une vision bouleversée. Comme une échelle ! Un ange à son faîte qui viendrait me visiter en rêve : la lente ascension des échelons me ferait accéder à un ailleurs toujours présent, à un géant mangeur d’enfants qu’un seul coup de hache ferait déchoir de son piédestal pour peu que je le veuille. Revoir alors le soleil tourner autour de la Terre, poser sans questions les pieds sur une Terre redevenue plate et pourquoi pas tels un Golem redevenir l’espace d’un sommeil aussi lourd que de la glaise. Jongler avec les concepts quand le cœur vous en dit : deux balles en l’air et l’autre bien en main.

Et la diastole cosmique n’en finissait pas puis un écran de télévision qui n’en finirait pas de s’éteindre, une ultime étoile lumineuse pour seul spectacle. La pixellisation toujours plus précise de l’image. Jusqu’à ce que blanche sur noire la tache explose et s’anime à nouveau : le grand Zappeur du technicolor.