lundi 24 février 2014

"Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond" (P. KLEE).002

Après le succès de la première co-publication des travaux de Florence BOURDELLES et de David SCHNéE, voici un deuxième mouvement tout en "tiraillement" et "dénuement" :

lundi 17 février 2014

"Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond" (P. KLEE).001

Comme convenu, la publication du blog "L'Art de la Fugue" prend une nouvelle dimension grâce à la collaboration artistique entre Florence BOURDELLES et David SCHNéE.
Cette collaboration s'initialise par l'article suivant:
Bientôt, de nouveaux "textes" graphico-littéraires ou littéraro-graphiques inédits! Bonne(s) lecture(s) !!!

samedi 15 février 2014

"Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond" (P. KLEE).000

Le blog http://art-de-la-fugue-ds.blogspot.fr/ prendra une nouvelle dimension à partir de lundi 17 février au matin. Florence BOURDELLES et moi même "co-é-laborons" un objet artistique "trans-média" en devenir sous le très haut patronage, dans un premier temps, de cette citation de Paul KLEE:
"Ecrire et dessiner sont identiques en leur fond"

Plus d'informations et un lien hypertexte ici même à partir de lundi 17 février au matin, pour découvrir cette nouvelle dimension donnée au projet "l'Art de la Fugue" !

dimanche 20 octobre 2013

Florilège Erotique 0.0

Je vous convie pour une lecture de poésie érotique par Florence BOURDELLES accompagnée au piano par David SCHNEE jeudi 31 octobre et vendredi 1er novembre à 21h00 au Cosmopolis 15 rue St François à Bordeaux St Michel. Bienvenu et au plaisir de vous rencontrer !

samedi 17 août 2013

La Folle Journée ou La Controverse de l'Historien, du Journaliste et du Citoyen (tragédie burlesque en un acte et un épilogue) 1.8


EPILOGUE

 

C’est ainsi que s’acheva la Folle Journée et que débuta la Guerre des Dieux. Persuadés qu’en y assistant, il n’y avait que des coups à prendre, David et Myriam s’en retournèrent discrètement dans leurs pénates. Ils vécurent heureux et eurent de nombreux enfants, à qui ils transmirent l’esprit critique. Cette nouvelle génération de « veilleurs » ne se laissa plus endormir par le bla-bla lénifiant des médias et des personnes autorisées.

mercredi 14 août 2013

La Folle Journée ou La Controverse de l'Historien, du Journaliste et du Citoyen (tragédie burlesque en un acte et un épilogue) 1.7

SCèNE 7
 
Les protagonistes restant sans voix à l’intervention de la Déesse Athéna, Dieu le Père se croit le devoir d’intervenir … mais va récolter une volée de bois verts !
 
Dieu le Père - Les critiques adressées au quotidien régional au sujet de l'interview de Pécuchet me laissent littéralement sans voix. Editeur de Pécuchet depuis plus de quinze ans, c'est en éditeur que je répondrai. Pécuchet est un chercheur dont l'autorité est mondialement reconnue. Son avant-dernier livre sur les crimes de masse a été traduit et publié en anglais par l'université américaine de Yale, l'une des plus prestigieuses. Ce dernier travail sur le sort des juifs dans la France occupée lui a été suggéré par Serge et Simone. Tous deux l'ont encouragé. Un historien, après lecture, s'est dit enthousiasmé par la qualité et la probité de ce travail minutieux de plusieurs années. Mieux encore : le grand historien américain Robert, spécialiste du sujet, a écrit dans un récent courrier qu'il était impressionné par la qualité de ce travail. Il doit débattre avec Pécuchet sur les ondes de France Culture la semaine prochaine. Après nombre d'articles élogieux (Le Monde, Le Figaro, La Croix, Commentaire, etc.) une longue recension favorable devrait prochaine paraître dans le Times Litterary Suplement (TLS), le plus prestigieux journal littéraire et historique du monde anglo-saxon. Je suis donc consterné de lire des attaques aussi aveugles, venues de personnes qui reconnaissent ne pas avoir lu ledit livre et — pire encore — ne pas vouloir le lire. C'est bien dommage pour elles. On s'apercevra bientôt que cet imposant "pavé" de 800 pages occupe déjà et occupera une place de premier plan dans l'historiographie de cette sinistre période."
Athéna – Monsieur, l’éloge médiatique, transformé en argument d’autorité par un éditeur « consterné », ne garantit pas le sérieux d’une méthode historique. Mieux vaudrait répondre à une question précise de citoyen-lecteur d’un journal incitant à l’achat d’un ouvrage, surpris par le recours au distinguo entre « juifs français » et « juifs étrangers » ‑ distinguo que Robert, quand il a écrit en 1981 le passionnant ouvrage Vichy et les Juifs avec Michaël, ne pratiquait pas. Cet ouvrage, que j’ai moi-même beaucoup apprécié, était même fort proche, par son exposé et ses conclusions, de la thèse de l’autonomie de Vichy en matière de persécutions antisémites invoquée par David, ce qui lui a à l’époque, valu de très vives critiques, notamment de la part de Serge, qui l’a jugé entre autres indûment sévère pour l’Eglise romaine de France. Il conviendrait aussi  de tenir compte de remarques relatives, d’une part, à l’invocation indue d’une personnalité présumée autorité politique et civique en guise de réponse et, d’autre part, à la primauté des sources écrites dans l’écriture de l’histoire, indispensables en outre pour valider des témoignages oraux fort tardifs.

mardi 13 août 2013

La Folle Journée ou La Controverse de l'Historien, du Journaliste et du Citoyen (tragédie burlesque en un acte et un épilogue) 1.6


SCèNE 6

 

Courroucée par la réponse à la Pilate de Pons, Athéna répond favorablement à l’invocation de David et entre en scène
 
Athéna – Merci, cher Monsieur, de m’avoir invoqué pour trancher le débat avec le sieur Pécuchet, qui prétend redonner (la tentative est aussi ancienne que le régime de Vichy même) caution scientifique à la thèse d’un Vichy sauveteur des « juifs français », au prix du sacrifice, certes pénible et désagréable, des « juifs étrangers » ‑ thèse qu’avançait et dont se flattait publiquement Laval lui-même. En privé, le même Laval vouait tous les juifs aux mêmes gémonies, et je renvoie sur ce point M. Pécuchet aux fonds d’instruction de la Haute Cour de Justice de Laval (W3, 208-216, Archives nationales), qui l’éclaireront sur le sort que l’intéressé, aidé de son ami René Bousquet, puis du chef cagoulard Darnand, promettait aux juifs « en général ».
Le médiateur du quotidien régional, Pons, vous répondant également, pour invoquer le respect des « règles en vigueur dans la profession et dans ce quotidien régional » par « l’acte journalistique » qu’a constitué l’interview de Pécuchet, je crois devoir intervenir dans le débat.
M. Pécuchet est confronté à une critique précise, à laquelle il semble vouloir répondre par écrit, initiative rare et louable, je le concède, de la part d’un universitaire médiatique. Mais il esquive l’objet de ladite critique – son indulgence pour le comportement du régime de Vichy à l'égard des juifs de France ‑ en se flattant, de façon plus générale, d’être « un spécialiste du génociede (sic) et de la shoha (sic) », observation supposée de nature à tuer l’objection dans l’œuf. Il en est en effet spécialiste autoproclamé depuis plusieurs années, et désormais se réclame de l’autorité de Simone, dont les compétences historiques ne me paraissent pas établies et dont, au surplus, l’indulgence peut être suspectée : son défunt mari n’a pas vu d’inconvénient à voisiner avec Bousquet, au passé notoire dans les milieux financiers, juifs pas moins que non-juifs, au conseil d'administration de la Banque d'Indochine, et on peut penser que la communauté sociale et la priorité des dividendes ont pesé en l'occurrence davantage que les bienfaits présumés de Vichy pour sa femme, sa belle-sœur et sa belle-mère avant leur voyage pour  Auschwitz (et je ne parle pas du reste de sa famille). Simone, grande « Européenne », a par ailleurs ces dernières années donné caution, au cours de voyages dans les Pays Baltes, à des milieux politiques également très pro-européens, en faisant silence sur l’histoire avérée de leurs prédécesseurs d’entre-deux-guerres et d’Occupation allemande et en particulier sur la contribution active de ces derniers à la « destruction des juifs d’Europe » étudiée par Raul Hilberg.
M. Pécuchet préfère également à ce  type d’enquête historique exigeante l’enquête « “au ras des pâquerettes” [effectuée] en [s]’appuyant sur des dizaines de témoignages » et la glose sur « les causes […] complexes » (si peu, à la lecture assidue des sources). Ce type d’enquête ne saurait soustraire aucun historien stricto sensu  travaillant sur les juifs de France à l’impératif catégorique d’un examen des archives d’État, françaises, allemandes et autres. M. Pécuchet ne les a jamais consultées, mais il manie volontiers le concept de « génocide » non scientifiquement défini, comme l’ont fait des « Ukrainiens » allégués ‑ toujours originaires de l’Ukraine anciennement polonaise, jamais de l’Ukraine soviétique, de l’entre-deux-guerres ‑ lorsqu’ils ont, notamment contre une communication de sources diplomatiques de 1932-1935 assurée par moi-même à des étudiants de concours, organisé grand tapage politico-idéologique, à Washington et à Paris notamment, sur la « famine génocidaire stalinienne » de l’Ukraine soviétique. Ce tapage a heureusement pris fin, en France tout au moins, lorsque les « Ukrainiens » se sont révélés, en mai 2006, pour ce qu’ils étaient : des héritiers des génocidaires petliouristes, célébrant l’exécution par un « juif étranger » de France, Sholem Schwartzbard, en mai 1926, de leur héros Petlioura massacreur de juifs ukrainiens au cours de la guerre civile et étrangère faisant rage sur le territoire de l’ancien empire russe (geste à l'origine de la Ligue contre les pogroms, devenue Ligue contre l'antisémitisme ‑ LICA ‑ puis LICRA. Le tapage sur les « génocides » revendiqués, réels ou non, n’a pas disparu, s’appuyant sur des comparaisons aussi fantaisistes que « la destruction des juifs d’Europe », entre 1939 et 1945, et les guerres yougoslaves ‑ à forte origine ou inspiration internationale ‑ des années 1990.
C’est de cet amalgame de « génocides » et de « violences », de toutes origines, toutes arbitrairement mises dans le même sac, en contradiction avec toute analyse historique à fondement socio-économique, que M. Pécuchet est le spécialiste. C’est sur ces bases publicitaires relatives aux « génocides » et « violences » qu’il a acquis son indéniable notoriété médiatique, laquelle lui vaut ces jours-ci, à l'occasion de la sortie d’un nouvel ouvrage, les colonnes du journal régional – solide habitude de la grande presse, parisienne ou non. Une telle reconnaissance est aisément acquise en France à des universitaires qui ont d’emblée ou tardivement, et définitivement, renoncé à l’humble travail de l’historien impliquant longue consultation des très abondantes sources écrites, contemporaines des faits et non destinées à la publication. On ne voit pas en quoi « des dizaines de témoignages […] “au ras des pâquerettes” » pourraient nous éclairer mieux ou aussi bien sur le sort des juifs de France, français et étrangers, que les sources écrites susmentionnées.
Le triomphe de telles méthodes, non scientifiques car non confrontées aux sources originales, est très dommageable à la réputation internationale de notre historiographie – réalité qui inspire honte et malaise à ceux qui comparent les travaux français des quinze dernières années sur la Deuxième Guerre mondiale aux richesses de la bibliographie non-francophone, comparaison à laquelle je viens de procéder dans mon ouvrage, dans lequel l’aryanisation des « biens juifs » (et son cortège de pratiques non exclusivement économiques) occupe une part notable. Je ne doute pas qu’un responsable culturel de votre journal y prête la même attention, par un « acte journalistique » approprié, qu’à une enquête orale « au ras des pâquerettes », lancée environ 70 ans après les faits et se félicitant, quelle chance, que « 75% des Juifs (sic) de France [aie]nt échappé à la mort ». Je profite de l’occasion pour faire remarquer qu’il n'y a pas de nationalité juive, et donc que, en français, le substantif juif ne commande pas plus la majuscule que l’adjectif juif. Bien cordialement.