lundi 27 octobre 2008

DEUTSCHLAND (1) - Incipit

Das Böse ist nicht mehr das Böse

Seit Mauern fallen
Unter Steinen sich brechen
Seit Steine blühen
Unter Flügeln reisen

Nie mehr das Leid tragen
Nie mehr das Land beweinen

Der Tod ist nicht mehr der Tod

Seit Nächte sich erheben
Hinter Nebeln fliehen
Seit Nebel scheinen
Hinter Sonnen brennen

Nie mehr jauchzen die Aschen
Nie mehr wandeln die Schatten

dimanche 26 octobre 2008

Sur la crise financière : bulles spéculatives et autres baudruches



Une connaissance de mes amis me disait un jour :

« Moi je fais de la finance ... les études c'est pas mon truc : ça ne sert à rien! »

Alors étudiant en économie financière, ses propos m'interpelaient.
Assis à une terrasse, tout en l'écoutant, je faisais des bulles dans ma limonade.

« Et, lui dis je, c'est quoi la finance pour toi? »
« Eh bien! Figure toi qu'avec 100 Francs j'ai pu acheter pour 500 F d'actions et je les ai revendues à la fin du mois pour 1000 F, ce qui fait ... enfin j'ai gagné 900 F en un mois! »

Pressentant qu'il attendait quelques éclaircissements scientifiques sur cette multiplication de petits pains je lui répondis :

« Bien, en langage financier tu es donc intervenu sur le MARCHE SECONDAIRE de la bourse. Tu as effectué une OPERATION D'ACHAT VENTE (sans doute en fixant un seuil au prix d'achat ou au moins de revente) le tout en utilisant ton POUVOIR DE LEVIER. Ce qui fait que dans le contexte haussier actuel du cours des actions le RENDEMENT de ton opération est de 1000%, dont il faut que tu déduises les frais prélevés par ta banque. »
« Ouais, tout à fait! Eh bien avec ces 1000 F j'ai racheté des actions et j'ai gagné 10000 F. Et avec ces 10000 F je vais ... »
« OK! OK! OK! Je crois que j'ai compris! »

Moi qui me spécialisait dans la finance je “coûtais” 1000 F tous les mois, qui s'accumulaient pour grossir la dette que je devais rembourser à la fin de mes études à la banque qui m'avait fait crédit; pendant que ce jeune capitaliste insouciant se gonflait des couilles en or en jouant à la loterie et réinvestissant capital et plus value tous les mois.
Dans ce contexte je me demandais si je ne devais pas aller plus loin dans la bêtise en plaçant les mensualités de mon emprunt, négocié à 6%, sur le marché des actions qui me rapporterait du 1000%. Et pourquoi pas les placer sur les produits dérivés : le marché obligataire se portait bien aussi et les junk bonds rapportaient énormément! Les produits à terme! Les options! Ou ...
Certes il ne fallait pas miser sur leur valeur finale, mais simplement spéculer sur leur cours dont la variation positive phénoménale laissait peu de doutes sur la stratégie à adopter : qu'importait le placement à long terme, la recherche de dividendes ou la distribution de coupons, il ne fallait pas chercher à bénéficier de la richesse créée mais jouer sur la valeur future du produit financier c'est à dire in fine de l'organisme émetteur de ce même produit.




C'était au milieu des années 1990, les rentiers se portaient bien et le diagnostic de cher John qui préconisait de les euthanasier était loin d'être partagé par les doctes économistes, dont le nombre croissait encore plus vite que le cour du CAC 40 en cette période d'euphorie financière.
Ils renouvelaient à tour de bras et avec force figure de style les commentaires sur la situation boursière.
Cynisme ou ferme croyance dans les vertus d'une croissance infinie enfin trouvée, toujours est il qu'ils devaient disparaître lors du krach : car une bulle, sachez le, ne se dégonfle pas, elle explose!




L'été précédent ce sinistre automne (les krachs ont “toujours” lieu en automne) j'allais arrondir mes fins de mois en travaillant.
Je trouvais une banque qui voulait bien de moi pour tenir le guichet.
Là aussi la fièvre boursicoteuse faisait des ravages : l'on y vendait des actions comme on aurait vendu des petits pains dans une boulangerie.
A la mère de famille venant retirer des extraits de compte, au petit vieux venant déposer sa pension, jusqu'au RMIste venant négocier son emprunt! L'on faisait goûter des échantillons financiers qui n'étaient même plus négociés dans le secret bancaire de bureaux bien isolés, mais directement au guichet :

« Au fait nous venons d'avoir un arrivage tout frais d'actions X, êtes vous intéressé? Elles sont seulement à 10 F la pièce ... Ou bien préférez vous des actions Y? »

Ecoeuré je pris mon solde de tout compte et allait chercher un travail plus manuel ... on voulait m'y rémunérer en actions!
J'étais cerné.





Enfin la tornade passa, ravageant le château de cartes et occasionnant également quelques dégâts colatéraux, mais le ciel comme rincé était redevenu bleu.
Une jeune fille faisait des bulles de savon à l'aide d'une paille échancrée, j'étais assis à une terrasse observant leur vol avant leur explosion fatale, quand mon ami surgit de nulle part.

« Eh ben, dit il, j'en ai chié des bulles avec la bourse! »
« Que vas tu faire à présent, lui demandais je? »
« Oh! Moi je vais faire entrepreneur ... les études c'est pas mon truc : ça sert à rien! »

samedi 25 octobre 2008

Sans titre (5)

Quoi ? C’est alors, c’est seulement alors, que l’onde astrale se propage ? Car la science est d’abord conscience créatrice. Et si le cours de l’eau nous guidait, si la boussole servait à naviguer, il est des pôles désertiques de l’imagination sans repères. Et si la chute d’un corps met mon être en émoi, la courbure de l’espace temps, un trou noir me déphasent et ne se calculent plus : debout le monde m’appartient mais couché je suis la vigie d’un univers en expansion.

Comme une échelle : la négation du pantographe, une vision bouleversée. Comme une échelle ! Un ange à son faîte qui viendrait me visiter en rêve : la lente ascension des échelons me ferait accéder à un ailleurs toujours présent, à un géant mangeur d’enfants qu’un seul coup de hache ferait déchoir de son piédestal pour peu que je le veuille. Revoir alors le soleil tourner autour de la Terre, poser sans questions les pieds sur une Terre redevenue plate et pourquoi pas tels un Golem redevenir l’espace d’un sommeil aussi lourd que de la glaise. Jongler avec les concepts quand le cœur vous en dit : deux balles en l’air et l’autre bien en main.

Et la diastole cosmique n’en finissait pas puis un écran de télévision qui n’en finirait pas de s’éteindre, une ultime étoile lumineuse pour seul spectacle. La pixellisation toujours plus précise de l’image. Jusqu’à ce que blanche sur noire la tache explose et s’anime à nouveau : le grand Zappeur du technicolor.

vendredi 24 octobre 2008

Pour faire la confiture de maman :
Prenez un kilogramme de maman
Autant de sucre
Pour un litre d’eau

Commencez par la faire mijoter dans son jus
Jusqu’à ce que toute la graisse soit fondue

Récupérer cette dernière dans un bocal bien hermétique.

Epluchez la pour éviter les grumeaux
Et rajoutez vivement l’eau,

Il se peut alors qu’elle se débatte par quelques tics

Ne vous en offusquez pas
Et versez une cuillère de vinaigre à ras :

Cela lui fera faire la grimace comme la soupe

Qu’elle vous servait autrefois.
Remuez bien, ça accroche parfois.

Au lieu du vinaigre vous pouvez également – houp !

Elle éclabousse du bout du menton –
Lui presser le citron :

Chacun son tour et les chats seront bien fouettés.

Versez le sucre à présent
En comptant bien chaque cristal manquant,

Portez à ébullition en n’oubliant pas de mélanger

Vous la ferez ainsi confire
Ce qui peut porter à rire :

Gardez vous en bien cela la ferait tourner,

Maintenez votre sérieux jusqu’au bout
Tant que son ventre n’est pas mou.

Stoppez net la cuisson et passez la sous l’eau glacée,

Cette douche écossaise
Vous rendra fort aise,

Du moins est-ce ce que vous disait maman lorsque vous étiez enfant.

Laissez refroidir une heure au moins
Puis étalez entre deux tranches de pain :

Offrez la tartine à votre papa pour lui faire grincer des dents.

jeudi 23 octobre 2008

Sans titre (4)

Et le mot, le vaste jeu de mot de l’univers qui se priverait bien du langage, soyez en certain ! L’immense, la gigantesque association d’idées : d’images, de sons, d’odeurs … de sensualité. Les petits plaisantins, les champions du trucage n’ont pas attendu le verbe pour réaliser leur tour de passe - passe : imaginez Lucie singeant le vol de l’autruche ou ce longue dent dont les canines étaient cariées et qui n’osait même plus gober les mouches tant il avait mal. Et de lâcher un pet bien sonore et foireux pour achever ses mimes.

Comme des dupes. Systématiquement nous bénirions notre fils cadet en croyant embrasser l’aîné : une peau de chèvre, la voix anormalement grave et vulgaire et ne pas se laver une semaine durant pour faire macérer les odeurs. Comme des dupes aveugles et vieillissantes ! La magie opère, la croyance suit et avec la croyance une cosmogonie se réalise : la face du monde en est changée. Même le pot au rose découvert ne saurait abroger notre foi. Il en va ainsi de la force du chaman : imiter c’est s’approprier la force et les pouvoirs de la création qui lui sont échus.

Humain sauras tu me réconforter ? Chaque histoire migre aux cieux et je communie avec l’être qui me raconte. Car en mon for intérieur je sais qu’il n’est qu’un miroir de mes peines et de mes joies. Et l’oiseau de feu dans son envol embrasa le front de la licorne. Ainsi tous les soirs j’attends que l’on me berce de rêves : la nourrice primordiale me prend contre son sein pour me nourrir de mots. Elle me susurre que je suis fils de Dieu et que la paix règne sur moi. Amour, je te chéris et de tout mon être sourd l’ambroisie.

mardi 21 octobre 2008

Place BRUSSAC (5)

Je me plais à me représenter Jean Paul Brussac en grand maître d’une loge universelle, tel un Zarastro moins ostentatoire et plus démocratique.

L’organisation des grandes cérémonies, basées sur le volontariat, serait ludique sous sa houlette et sans se prendre au sérieux déboucheraient sur des manifestations d’une grande profondeur et à la joie renouvelée.

Initiateur, Jean Paul l’est sûrement.
En employant un jeune poète comme apprenti libraire dans sa boutique … si vous entendez un jour parler de Frédéric Jorand faites « bruire » jusqu’à moi « les choses » qu’il aura écrite.
En accueillant tous les ans des classes de collégiens qui le temps d’un après midi partent à la découverte du monde des livres dans la plus belle des librairies et repartent avec sous la main les ouvrages qu’ils auront choisis.

Si vous êtes un jour de passage à Bordeaux, surtout allez saluer la « Place Brussac » et respectez l’harmonie des lieux.
Pour ce faire nul besoin de vous sanctifier en y pénétrant, vous ne rentrez pas dans une église, mais comportez vous en être humain libre et curieux.

Soyez ouvert à ce petit monde afin de pouvoir compléter cette histoire de vos anecdotes personnelles et qui sait d’y prendre part !

samedi 18 octobre 2008

Place BRUSSAC (4)

Les visiteurs de la librairie sont, comme je l’ai déjà dit, des amis venus tailler une bavette avec M. Brussac, des écrivains venus s’entretenir avec un intermédiaire (ces derniers sont souvent également des amis, si bien que la conversation y saute du coq à l’âne), des connaissances venus rendre compte de leurs dernières expériences rendues possible par l’entremise du « capitaine » ou au contraire à la recherche d’une nouvelle profession que son réseau pourra éventuellement combler de leurs vœux …

Mais aussi des clients. Parmi eux des habitants du quartier, des gens de passage et quelques notables bordelais avisés, qui aux autres librairies de qualité de la ville donnent leur préférence à la meilleure malgré les quelques lazzis dont M. Brussac paie leur fidélité en retour.

Ces moqueries portent invariablement, comme s’ils s’étaient donné le mot, sur la soi disant négligence des commandes du libraire qui se perdraient souvent en route.
Fait que je n’ai jamais pu observer, toutes mes commandes arrivant à temps et à heure dite, plus précise qu’un métronome, généralement le vendredi jour de la venue du comptable une fois par mois.
Celui-ci est systématiquement comblé d’éloges par M. Brussac qui en rajoute et improvise tel un virtuose sur le thème de « ces satanés chiffres qui ne veulent rien dire ! ».
Toutefois il semble avéré qu’il refuse de vous vendre un livre s’il a jeté son dévolu dessus. Vous devrez alors patiemment attendre qu’il l’ait lu avant qu’il ne vous le prête.

M. Brussac subi stoïquement les railleries de certains de ses clients mais tel le chêne de la chanson on sent bien qu’il en souffre.
Jusqu’à très récemment je ne m’expliquais pas ce petit jeu.
Mais je me suis avisé que tel le capitaine d’un navire écouté et obéi, ses subordonnés ne manquaient jamais de faire payer cette autorité légitime à leur supérieur par quelques traits d’esprits qui ne volent jamais bien haut comparés aux nues où l’albatros s’ébat joyeusement.
Ainsi en va-t-il de M. Brussac, capitaine bien plus que d’une librairie.

Celle-ci se pare des atours d’un centre culturel plusieurs fois par mois en accueillant la fine fleur de la littérature contemporaine.
Elle sert d’entremetteur pour des revues confidentielles et un lectorat potentiel.
Salle de cinéma d’art et d’essais, des spectateurs y trouvent en avant première et en exclusivité des films improbables mais de qualité exceptionnelle.
Et bouquet final, tous les ans un marché de la poésie y est organisé au printemps avec la remise exceptionnelle d’un prix de littérature dont le lauréat bénéficiera de l’édition de son recueil.

Le week end de cette manifestation, la halle du marché se transforme en petite ruche où le monde de l’édition, de la librairie et de l’écriture, bref toute la chaîne de production du livre, rencontre son public.

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