jeudi 22 avril 2010

Ton souvenir me pleure! (à Isabelle)

Je compte ton sexe
Comme j'effeuillerai
Un oignon:

Ton souvenir me pleure.

lundi 12 avril 2010

BORDEAUX vue du Hangar G2 aux Bassins à Flots

Le grand navire à flots urbains : Mériadeck ...
Les tours embrasées au soleil couchant de la Cité Administrative,
La Grosse Cloche sur sa butte perchée.

Et en avant garde : la Cité du Grand Parc
Jusqu'aux limites des Chartrons
Où Saint Louis, grâce à une perspective avantageuse, rivalise
Avec la flèche dressée de Saint Michel.

Rive Droite : Sainte Marie,
Et Castel des Grands Moulins de Paris,
Cité de la Benauge!

mardi 2 mars 2010

"Poésie Première"

Samedi 13 mars à 15H00 dans la Halle des Chartrons à Bordeaux, Place des Chartrons, Emmanuel HIRIART et quelques amis présenteront le numéro 46 de l'excellente revue Poésie Première consacré notamment aux poètes Coréens (cf. Yi Sang ...) dont certains sont publiés aux éditions William Blake and Co.

Je me permets une humble dédicace poétique à cette revue de littérature, composée après une écoute des Pièces de clavecin de Rameau, ci dessous :

  • Défier les Dieux, Aller chercher l'inexistant
  • Défier la création, De créer à nouveau
Et à la manière précieuse, "Tricotets" ces vers, inverser l'hémistiche : démultiplier les possibles à en perdre ses repères ... à trouver la Poésie Première.

lundi 14 décembre 2009

Tercet Girondin Historique

Ils arment à Bordeaux, pour mille âmes africaines

Ils mouillent à Bordeaux, ne remonteront plus jusqu'à Bègles

Appareiller à Bordeaux, pour s'enfuir Outre-Mer

mercredi 2 décembre 2009

Chanson du Québec (extraits) en guise de réponse à l'invasion dépressive du "Canuck"

"Il me reste un pays à te dire
Il me reste un pays à nommer
Il est au tréfonds de toi
N'a ni président ni roi
Il ressemble au pays même
Que je cherche au cœur de moi
Voilà le pays que j'aime"

Gilles VIGNEAULT.

mardi 24 novembre 2009

Après une lecture de Jean Paul LOUBES - "Je ne suis pas Jack Kérouack" (Chapitre IX-Canuck, éditions fédérop 2009, page 126)

>> "Sigfried et le Limousin" de J. GIRAUDOUX ? Une histoire de déchirement franco-allemand vécu en l'être même d'un individu, mais aussi entre deux amis.

>> Et moi, élevé par une nourrice alsacienne germanophone jusqu'à l'âge de 3 ans, c'est à dire l'âge des premiers souvenirs. Autant dire élevé
à parité entre l'allemand et le français avant que mes souvenirs ne se forment. Mais suffisamment imprégné de cette autre langue, que je ne comprendrai désormais plus dans la bouche de mes propres grands parents, avant un timide réveil au cours tardif de mon adolescence. Les alsaciens germanophones pour qui je resterai toujours un "chien savant" francophone ; j'aurai toujours trois ans pour mes grands parents paternels !

Si pour la génération de mes parents il était encore aisé de se rebeller contre le pouvoir qui leur avait explicitement interdit leur langue maternelle, retranché cette extension de l'organe qu'est "une voix qui dit sa langue", pour nous que reste-t-il à combattre ?

Nos parents, déjà artificialisés par le français, pouvaient nous transmettre cette langue, mais en avaient-ils encore les moyens ? Je veux dire, eux avaient été francisés : si même à la maison ils nous avaient parlé alsacien, aurait ce été une résurgence de mots, de phonèmes (une renaissance pour eux aussi), ou bien une pratique artificielle, convenue, sans chaire, comme un professeur ennuyeux devant un amphithéâtre dissipé ? C'est de ce découragement qu'ils sont coupables, mais ce ne sont pas les responsables de cette acculturation (qui eux ne sont plus attaquables). Alors contre qui se battre ?

Il n'y a "Personne" tel un cyclope à l'oeil crevé !

Voilà notre seule réponse possible. Et quelle pitié de voir ma grand-mère paternelle, bonne citoyenne française d'origine alsacienne, réduite à néant quand il s'agit de parler la langue officielle, elle si prolixe dans sa langue maternelle que c'en est un plaisir de l'écouter raconter des histoires ou jouter oralement avec une comère ...

Et ces alsaciens, descendants directs, ironie du sort, des peuplades franques primitives, mérovingiens à "l'origine" de leur France chérie, qui a pourtant asphyxié leur façon de parler le français ... Oui, "Personne" si ce n'est l'inertie de l'histoire, la force des choses ...

>> Et moi alsacien de 3 ans pour toujours, il ne me sera même pas offert cet élan de lyrisme : "Les Orties Noires" ou plutôt "Di Schwarzi Segenlse" de Claude VIGéE, long poème en prose jailli tardivement dans sa langue maternelle "oubliée".

mardi 29 septembre 2009

Poème des "mots perfides"

Voilà comment une bonne séance de travail avec des amis compétents peut améliorer la qualité d'un texte : que David CAPES et Elisabeth MANCINI soient ici remerciés.

Version originale du texte :

"Et d’une parole à l’autre, par un étrange processus, les mots ont plus d’effets que les drogues.

Protège moi, oh Toi, des mots perfides :

Qu’ils n’adhèrent pas à ma peau.

Protège aussi celui qui les a prononcés sans conscience de leurs coups.

Car pour lui aussi le même verdict : adhérence !

Protège, et l’endroit et l’envers, des mots.

Que seuls les mots soient anéantis,

Qu’une action libératoire de ta main donne aux mots le châtiment des méchants.

Adhérence aux mots : protège et l’endroit et l’envers.

Adhérence aux mots ? qu’ils soient libérés (et la bouche et l’oreille, et leurs extensions).

Adhérence aux mots, châtiment des méchants.

Qu’ils soient retranchés, ces mots, à jamais.

Mots inconscients : pardonnés.

Mots conscients : giflés.

Oui alors, et seulement alors, je sais que le châtiment, par l’adhérence, viendra souffler la bouche mauvaise."


Version corrigée :


"Et d’une parole à l’autre, par un étrange processus, les mots ont plus d’effets que les drogues.

Protège moi, Toi, des mots perfides :

Qu’ils n’adhèrent pas à ma peau.

Protège aussi celui qui les a prononcés sans conscience de leurs coups.

Car pour lui aussi le même verdict : adhérence !

Protège nous, et de l’endroit et de l’envers des mots perfides.

Que seules leurs résonances soient anéanties,

Et que ta main libératoire donne aux mots le châtiment des méchants.

Adhérence aux mots : protège et l’endroit et l’envers.

Adhérence aux mots ? qu’ils soient libérés, et la bouche et l’oreille et tout ce qui les prolonge.

Adhérence aux mots, châtiment des méchants.

Qu’ils soient retranchés, ces mots, à jamais.

Mots inconscients : pardonnés.

Mots conscients : giflés.

Oui alors, et alors seulement, le châtiment, par l’adhérence, viendra souffler la bouche mauvaise."


Ce qui, déclamé, donne :



Et, encore mieux, déclamé par Elisabeth MANCINI :




Ceci est un "work in progress" et est donc amené à subir d'autres modifications ... et surtout des suites !!!