A signaler : la présentation de "Rentabilité Fatigue" de Pascal ENARD par Fabrice LAFORGE (philosophe de son état, auteur notamment de "Eclair de l'instant L'exaltante alliance des contraires", éd. Librairie Olympique et Association Tempo Philo, novembre 2009), mercredi 4 mai 2011 à partir de 18H30 à "La Machine à Lire" (excellente Librairie de Bordeaux, de France et de Navarre).
lundi 14 mars 2011
mercredi 9 mars 2011
RENTABILITE FATIGUE.001
de Pascal ENARD, le 07 mars 2011 à 19h00 :
"cher David, ta première «chronique» sur Rentabilité fatigue, a ce don très rare je l'avoue de me faire sortir de ma réserve, ce qui est tout de même mieux que de me faire ''sortir de'' mes ''gonds''. Ce n'est pas cependant, loin s'en faut, faire sortir nos publications du statut d'«armée de réserve», condition sine qua non pour la survalorisation des «têtes de gondole» du marché «littéromane». Mais voici :
Le figurant, à l'échelle anthropologique, et dans le champ littéraire, survient lorsque le roman balzacien et ses personnages se trouvent passer du récit romanesque (lui même historiquement précédé par la mythologie et l'épopée) à la fiction polylogique de Joyce, Céline, Sollers... Il est donc multimédiatique et ravale «l'étant», soit-il «existant», à la, certes très lente, «clôture du logocentrisme».
Mais le figurant ne fait pas que passer à travers des intrigues, des transferts, des traductions, d'un plateau à l'autre ; car, à se figurer, de ce style très neuf qui fut nommé polylogique, il sublime «l'agir communicationnel» en inéchange.
Pour donner schématisation de cette quatrième fonction de l'inéchange (ou communion), je commenterais brièvement le logo de l'Association Démocraties Nouvelles :
le trait continu horizontal à l'ouest figure l'usage, le trait discontinu au nord figure l'inusage, la ligne de points interrompue à l'est c'est l'inéchange, la ligne de points continue au sud, c'est l'échange.
«Jargonnons» donc, c'est dire dans mon cas, utilisons des concepts apportés par les travaux de devanciers : la comptable appréciation des valeurs d'usage, puis la marchandisation des valeurs d'échange, devenant conscientes des cadres même de leurs fantasmatiques, l'agent bourdieusien, bafoué dans l'absence de mutualité de la distribution du luxe, retrouve le sacré de la révolte ''en surplomb'' de ses habitus addictifs, lesquels sont résultantes des tensions énergétiques des champs et des stratégies de fractions de classes .
C'est parce qu'il tente d'écarter ces résultantes ( au sens imagé d'échapper aux cornes
dures des vachettes landaises), en figures de style de vie et de mort ''ouvertes'', que le
figurant enrichit la notion d'autonomie, par opposition aux hétéronomies des régimes
politiques classifiés par Montesquieu, puis par Joseph Schumpeter, ou par Samir Amin...
Aussi englobe-t-il l'enseignement lacanien du «semblant», qui est la patience du franc vis à vis du fourbe, déconstruisant son «spectacle», sa «performance» et son aplomb à ne rien devoir .
Que le travail ait été transmuté en jouissance comme étalon d'appréciation de la valeur, à la faveur des gains de productivité techniques et des victoires du standard et de l'ersatz sur le goût des nuances, nous laisse présager de cette domination durable de la consommation sur la production, pour le plus grand dommage de notre niche écologique.
La mutualité entre les agents, les personnages, les héros, les dieux, a lentement évolué au fil des siècles et nous ne savons pas ce qui, après la phase socialiste du procès historique faira suite aux figurants.
D'être au participe présent n'en fait jamais cependant des arrivistes enthousiastes, experts en luttes d'influence, pour éliminer des rivaux et se mettre dans le sillage des hommes qui montent.
Le figurant est au-delà de la comédie ou de la tragédie humaines. Il est contemporain du polyhumanisme c'est dire de la relativité einsteinienne appliquée à l'échelle des civilisations.
En lui-même la pluralité ethnique, d'où il provient selon la génétique des populations en exodes et en brassages, schizophrénise sa conscience de lui-même. Au moment qu'il se figure son lien à tel autre, cette figuration même se cristallise, de cette paradoxale façon que le réel pulsionnel, l'affect, de son empathie se dépathise et nous le dépayse.
Pascal 11 03 07 19"
Le figurant, à l'échelle anthropologique, et dans le champ littéraire, survient lorsque le roman balzacien et ses personnages se trouvent passer du récit romanesque (lui même historiquement précédé par la mythologie et l'épopée) à la fiction polylogique de Joyce, Céline, Sollers... Il est donc multimédiatique et ravale «l'étant», soit-il «existant», à la, certes très lente, «clôture du logocentrisme».
Mais le figurant ne fait pas que passer à travers des intrigues, des transferts, des traductions, d'un plateau à l'autre ; car, à se figurer, de ce style très neuf qui fut nommé polylogique, il sublime «l'agir communicationnel» en inéchange.
Pour donner schématisation de cette quatrième fonction de l'inéchange (ou communion), je commenterais brièvement le logo de l'Association Démocraties Nouvelles :
le trait continu horizontal à l'ouest figure l'usage, le trait discontinu au nord figure l'inusage, la ligne de points interrompue à l'est c'est l'inéchange, la ligne de points continue au sud, c'est l'échange.«Jargonnons» donc, c'est dire dans mon cas, utilisons des concepts apportés par les travaux de devanciers : la comptable appréciation des valeurs d'usage, puis la marchandisation des valeurs d'échange, devenant conscientes des cadres même de leurs fantasmatiques, l'agent bourdieusien, bafoué dans l'absence de mutualité de la distribution du luxe, retrouve le sacré de la révolte ''en surplomb'' de ses habitus addictifs, lesquels sont résultantes des tensions énergétiques des champs et des stratégies de fractions de classes .
C'est parce qu'il tente d'écarter ces résultantes ( au sens imagé d'échapper aux cornes
dures des vachettes landaises), en figures de style de vie et de mort ''ouvertes'', que le
figurant enrichit la notion d'autonomie, par opposition aux hétéronomies des régimes
politiques classifiés par Montesquieu, puis par Joseph Schumpeter, ou par Samir Amin...
Aussi englobe-t-il l'enseignement lacanien du «semblant», qui est la patience du franc vis à vis du fourbe, déconstruisant son «spectacle», sa «performance» et son aplomb à ne rien devoir .
Que le travail ait été transmuté en jouissance comme étalon d'appréciation de la valeur, à la faveur des gains de productivité techniques et des victoires du standard et de l'ersatz sur le goût des nuances, nous laisse présager de cette domination durable de la consommation sur la production, pour le plus grand dommage de notre niche écologique.
La mutualité entre les agents, les personnages, les héros, les dieux, a lentement évolué au fil des siècles et nous ne savons pas ce qui, après la phase socialiste du procès historique faira suite aux figurants.
D'être au participe présent n'en fait jamais cependant des arrivistes enthousiastes, experts en luttes d'influence, pour éliminer des rivaux et se mettre dans le sillage des hommes qui montent.
Le figurant est au-delà de la comédie ou de la tragédie humaines. Il est contemporain du polyhumanisme c'est dire de la relativité einsteinienne appliquée à l'échelle des civilisations.
En lui-même la pluralité ethnique, d'où il provient selon la génétique des populations en exodes et en brassages, schizophrénise sa conscience de lui-même. Au moment qu'il se figure son lien à tel autre, cette figuration même se cristallise, de cette paradoxale façon que le réel pulsionnel, l'affect, de son empathie se dépathise et nous le dépayse.
Pascal 11 03 07 19"
lundi 7 mars 2011
RENTABILITE FATIGUE.000
Association Démocraties Nouvelles
Pascal ENARD est l'écrivain le plus "en avant" que je connaisse personnellement et surtout par ses écrits. Avec Daniel BIDENNE, ils constituent une association d'auteurs et d'édition nommée "Démocraties Nouvelles" (cf. http://www.democraties-nouvelles.org ; voir Ma Liste de Liens ci dessous à droite).
En naviguant sur leur site vous trouverez toutes les informations nécessaires pour assouvir votre soif de connaissance sur ces deux hommes de lettres et bien plus encore (catalogue de leur publication ; manifestations organisée par l'association ; liste de liens amis ...)
"Rentabilité Fatigue"
J'inaugure aujourd'hui une série de chroniques consacrées au dernier ouvrage de Pascal ENARD : "Rentabilité Fatigue" (ISBN 9782902887098).
Après s'être intéressé dans ses oeuvres précédentes, dans un ordre non chronologique mais qui pour moi fait sens, aux notions de "Figurants", de "Polyversel" puis à la "Fonction Communielle" et au "Polyhumanisme", Pascal ENARD nous offre avec "Rentabilité Fatigue" une nouvelle critique acérée du fait capitaliste : sa société, les figurants qu'elle engendre (à la manière des trois archétypes de l'absurdité de Camus dans "Le Mythe de Sisyphe") et je dirais les "Situations" qu'elle provoque.
"Comme un Roman"
Il faut lire Pascal ENARD comme on lirait un roman, un poème ; car avant tout il fait oeuvre d'homme de lettre. J'ai souvent été confronté à une lecture académique de son oeuvre par quelques universitaires de bonne volonté mais condescendants. Toute la puissance créatrice de Pascal ENARD s'en trouve anihilée et se fourvoit dans la critique même, qu'il décortique pourtant, de la "Rente Universitaire".
Il est vrai que, tant les références bibliographiques y sont nombreuses, le ton celui de l'essai, qu'il est tentant de succomber à une lecture pointilleuse et référencée des ouvrages de Pascal ENARD. C'est oublier au moins deux faits :
- tout d'abord les premiers ouvrages de Pascal ENARD sont des fictions ("En liant haut bas" ; "Les fosses miscottes"), certes déjà portées à l'analyse et l'autoanalyse, mais des fictions tout de même ;
- enfin Pascal ENARD revendique haut et fort le statut de créateur littéraire, d'écrivain et non celui de "penseur académique".
Lisez donc "Rentabilité Fatigue" comme un roman et non comme une pure spéculation intelectuelle ; soyez interpellés par ses analyses, laissez vous porter par la puissance évocatrice du "jargon" ... enfin identifiez vous au narrateur, aux "Figurants" ... Vous en prendrez pour votre grade mais vous y gagnerez ô combien en compréhension de l'être humain et social que vous êtes.
Le "Figurant" chez Pascal ENARD, c'est un peu comme "Rastignac" chez BALZAC : "La Comédie Humaine" se poursuit et Pascal ENARD la décortique.
"Rentabilité Fatigue" (bis)
J'inaugure aujourd'hui une série de chroniques consacrées au dernier ouvrage de Pascal ENARD : "Rentabilité Fatigue" (ISBN 9782902787098).
Ces chroniques seront interactives car j'ai laissé les pages de mon blog ouvertes à Pascal ENARD et dès la semaine prochaine je peux d'ores et déjà vous promettre une présentation par l'auteur de son ouvrage "Rentabilité Fatigue" après laquelle suivront des échos de mon cru.
Pascal ENARD est l'écrivain le plus "en avant" que je connaisse personnellement et surtout par ses écrits. Avec Daniel BIDENNE, ils constituent une association d'auteurs et d'édition nommée "Démocraties Nouvelles" (cf. http://www.democraties-nouvelles.org ; voir Ma Liste de Liens ci dessous à droite).
En naviguant sur leur site vous trouverez toutes les informations nécessaires pour assouvir votre soif de connaissance sur ces deux hommes de lettres et bien plus encore (catalogue de leur publication ; manifestations organisée par l'association ; liste de liens amis ...)"Rentabilité Fatigue"
J'inaugure aujourd'hui une série de chroniques consacrées au dernier ouvrage de Pascal ENARD : "Rentabilité Fatigue" (ISBN 9782902887098).
Après s'être intéressé dans ses oeuvres précédentes, dans un ordre non chronologique mais qui pour moi fait sens, aux notions de "Figurants", de "Polyversel" puis à la "Fonction Communielle" et au "Polyhumanisme", Pascal ENARD nous offre avec "Rentabilité Fatigue" une nouvelle critique acérée du fait capitaliste : sa société, les figurants qu'elle engendre (à la manière des trois archétypes de l'absurdité de Camus dans "Le Mythe de Sisyphe") et je dirais les "Situations" qu'elle provoque."Comme un Roman"
Il faut lire Pascal ENARD comme on lirait un roman, un poème ; car avant tout il fait oeuvre d'homme de lettre. J'ai souvent été confronté à une lecture académique de son oeuvre par quelques universitaires de bonne volonté mais condescendants. Toute la puissance créatrice de Pascal ENARD s'en trouve anihilée et se fourvoit dans la critique même, qu'il décortique pourtant, de la "Rente Universitaire".
Il est vrai que, tant les références bibliographiques y sont nombreuses, le ton celui de l'essai, qu'il est tentant de succomber à une lecture pointilleuse et référencée des ouvrages de Pascal ENARD. C'est oublier au moins deux faits :
- tout d'abord les premiers ouvrages de Pascal ENARD sont des fictions ("En liant haut bas" ; "Les fosses miscottes"), certes déjà portées à l'analyse et l'autoanalyse, mais des fictions tout de même ;
- enfin Pascal ENARD revendique haut et fort le statut de créateur littéraire, d'écrivain et non celui de "penseur académique".
Lisez donc "Rentabilité Fatigue" comme un roman et non comme une pure spéculation intelectuelle ; soyez interpellés par ses analyses, laissez vous porter par la puissance évocatrice du "jargon" ... enfin identifiez vous au narrateur, aux "Figurants" ... Vous en prendrez pour votre grade mais vous y gagnerez ô combien en compréhension de l'être humain et social que vous êtes.
Le "Figurant" chez Pascal ENARD, c'est un peu comme "Rastignac" chez BALZAC : "La Comédie Humaine" se poursuit et Pascal ENARD la décortique.
"Rentabilité Fatigue" (bis)
J'inaugure aujourd'hui une série de chroniques consacrées au dernier ouvrage de Pascal ENARD : "Rentabilité Fatigue" (ISBN 9782902787098).
Ces chroniques seront interactives car j'ai laissé les pages de mon blog ouvertes à Pascal ENARD et dès la semaine prochaine je peux d'ores et déjà vous promettre une présentation par l'auteur de son ouvrage "Rentabilité Fatigue" après laquelle suivront des échos de mon cru.Bienvenu à Pascal ENARD
sur les pages de " Comment je suis devenu écrivain"
(Mieux vaut tard que jamais!)
sur les pages de " Comment je suis devenu écrivain"
(Mieux vaut tard que jamais!)
jeudi 3 mars 2011
Le Marché de la Poésie 2011 - Bordeaux
Du 15 au 20 mars Jean Paul BRUSSAC, la Librairie Olympique et l'Association Culturelle du Marché des Chartrons organise pour la 15ème année consécutive "Le Marché de la Poésie" 2011 de Bordeaux (voir programme dans la liste Lectures à droite).

A signaler tout particulièrement la soirée "Les Mots Erotiques" du jeudi 17 mars à 20h30 dans les locaux de la Librairie Olympique avec la présence exceptionnelle de Giovani DOTOLI (professeur de littérature ; voir liste des sites internet ci dessous à droite), de Rome DEGUERGUE (écrivain ; voir liste des blogs ci dessous à droite) et de votre humble serviteur.
A cette occasion sera présentée "L'Anthologie de Poésie Erotique Française du Moyen Age à nos Jours" (éditions HERMAN ; voir le lien Publications à droite), présentée et compilée par le professeur Giovani DOTOLI et dans laquelle Rome DEGUERGUE et moi même figurons au titre d'auteurs contemporains.

A signaler tout particulièrement la soirée "Les Mots Erotiques" du jeudi 17 mars à 20h30 dans les locaux de la Librairie Olympique avec la présence exceptionnelle de Giovani DOTOLI (professeur de littérature ; voir liste des sites internet ci dessous à droite), de Rome DEGUERGUE (écrivain ; voir liste des blogs ci dessous à droite) et de votre humble serviteur.
A cette occasion sera présentée "L'Anthologie de Poésie Erotique Française du Moyen Age à nos Jours" (éditions HERMAN ; voir le lien Publications à droite), présentée et compilée par le professeur Giovani DOTOLI et dans laquelle Rome DEGUERGUE et moi même figurons au titre d'auteurs contemporains.
Cette soirée est organisée par Justine BARBE, étudiante et chargé de communication chez Cheyne éditeur.
jeudi 13 janvier 2011
N.A.B.E.L. - Energie de la Vie!
Rome DEGUERGUE nous gratifie depuis peu d'un blog consacré à son activité littéraire auquel vous pouvez accéder à partir de ce site dans "Ma liste de blogs" ci dessous à droite.
Je vous tiendrai prochainement informé de la publication à venir d'un nouveau recueil de ses poésies et de deux romans.
En attendant vous pouvez toujours découvrir l'ensemble de ses publications sur sa page personnelle du site de l'ECLA (ci dessous à droite dans "Ma liste de liens") et en particulier son ouvrage de création littéraire N.A.B.E.L. dont je vous invite à lire la recension que j'en ai faite ci dessous :
Je vous tiendrai prochainement informé de la publication à venir d'un nouveau recueil de ses poésies et de deux romans.
En attendant vous pouvez toujours découvrir l'ensemble de ses publications sur sa page personnelle du site de l'ECLA (ci dessous à droite dans "Ma liste de liens") et en particulier son ouvrage de création littéraire N.A.B.E.L. dont je vous invite à lire la recension que j'en ai faite ci dessous :

NABEL est resté plus d'un an sur mes étagères, a vécu deux déménagements et c'est un hasard qui m'a poussé à ouvrir ce recueil lauréat du prix ARDUA 2005 dans la catégorie "Recherche sur la création littéraire". Depuis le printemps 2009 (sorti en 2005 je n'ai eu vent de cet ouvrage que tardivement tant la distribution de la création littéraire est difficile) et jusqu'à l'été 2010 ce livre est donc resté clôt : mal m'en a pris. A l'été 2010 j'ai commencé par le feuilleté : il m'est littéralement tombé des mains. c'est tout d'abord son rythme, son souffle qui m'ont happé aux premières pages que je feuilletais. Puis tout aussi fondateur de cette oeuvre, aux premières pages que je lisais, l'intransigeance face à la compromission, marque de courage par les temps qui courent, traversait tout l'ouvrage :
" ... je ne veux pas de rendez vous clandestin Pas combattu durant deux décennies pour ma liberté Renoncer à la transparence aujourd'hui? ..." (page 44)
D'abord se défaire de tout : de la forme littéraire bien sûr, mais des a priori des conventions humaines aussi et surtout de ce que je sais de l'auteur. Car Rome en m'ouvrant sa porte m'a donné les clefs de compréhension de l'histoire qui se trame dans NABEL, de ses personnages, de leurs échanges ... Or NABEL n'est pas un récit à tiroir : si l'intimité de l'auteur (en partie) nous est livré c'est parceque cette expérience humaine porte plus loin l'être, le sien (par l'écriture) et le nôtre (par la lecture).
Le style haletant, le rythme pulsant nous transporte d'un paragraphe à l'autre, d'un chapitre à l'autre sans que les formes classiques de la transition ne parasitent la rédaction :
"Le surlendemain
Les pétales des roses qu'il avait jetées d'un geste ample en riant en travers de la table où ils dînaient ce dernier dimanche à Bergerac marquent le temps qui passe Recrocquevillées sombres elles parlent de Michele! Elles se languissent et font trace
Dans la ville du Port de la lune
J'ai un nouveau numéro de portable qui fonctionne à l'international ..." (page 21)
"Zapping" me disait elle lorsque j'évoquais avec elle ma première lecture de NABEL, mais c'est bien plus. Au gré de l'écriture, Rome DEGUERGUE nous transporte du présent au passé, des rencontres aux pensées sans nous laisser de répit, apparemment au fil de la plume, mais ne nous y trompons pas : ce texte a été longuement mûri.
Les inventions formelles (parmi lesquelles se bousculent poésie, réflexion, narration mais aussi SMS, courriels ...) ne sont pas convoquées pour déranger la tradition même si elles la bousculent avec brio, mais pour insufler un nouveau départ à l'écrivain et au lecteur. A l'écrivain parceque son écriture cathartique et son expérience de vie sous jacente la libère des carcans empesés de son histoire :
"Je te confierai peut être de cette époque l'histoire de l'un de mes grands oncles allemands Déporté Torturé ..." (page 24)
l'illumine rétrospectivement de sa souffrance qui à bien y prendre garde est aussi la nôtre. Au lecteur parceque ses synapses font "pschit" à chaque mot, à chaque phrase : à chaque saut! C'est à dire que nos connexions neuronales sont déconstruites à la lecture de NABEL et immédiatement reconstruites, mais différemment selon une autre configuration et tout celà à la vitesse de l'éclair et de manière sans cesse recommencée.
En refermant le livre, qu'on le lise d'une traite ou non, nous sommes prêt pour un nouveau départ, comme un ordinateur reconfiguré mais pas formaté.
" ... je ne veux pas de rendez vous clandestin Pas combattu durant deux décennies pour ma liberté Renoncer à la transparence aujourd'hui? ..." (page 44)
D'abord se défaire de tout : de la forme littéraire bien sûr, mais des a priori des conventions humaines aussi et surtout de ce que je sais de l'auteur. Car Rome en m'ouvrant sa porte m'a donné les clefs de compréhension de l'histoire qui se trame dans NABEL, de ses personnages, de leurs échanges ... Or NABEL n'est pas un récit à tiroir : si l'intimité de l'auteur (en partie) nous est livré c'est parceque cette expérience humaine porte plus loin l'être, le sien (par l'écriture) et le nôtre (par la lecture).
Le style haletant, le rythme pulsant nous transporte d'un paragraphe à l'autre, d'un chapitre à l'autre sans que les formes classiques de la transition ne parasitent la rédaction :
"Le surlendemain
Les pétales des roses qu'il avait jetées d'un geste ample en riant en travers de la table où ils dînaient ce dernier dimanche à Bergerac marquent le temps qui passe Recrocquevillées sombres elles parlent de Michele! Elles se languissent et font trace
Dans la ville du Port de la lune
J'ai un nouveau numéro de portable qui fonctionne à l'international ..." (page 21)
"Zapping" me disait elle lorsque j'évoquais avec elle ma première lecture de NABEL, mais c'est bien plus. Au gré de l'écriture, Rome DEGUERGUE nous transporte du présent au passé, des rencontres aux pensées sans nous laisser de répit, apparemment au fil de la plume, mais ne nous y trompons pas : ce texte a été longuement mûri.
Les inventions formelles (parmi lesquelles se bousculent poésie, réflexion, narration mais aussi SMS, courriels ...) ne sont pas convoquées pour déranger la tradition même si elles la bousculent avec brio, mais pour insufler un nouveau départ à l'écrivain et au lecteur. A l'écrivain parceque son écriture cathartique et son expérience de vie sous jacente la libère des carcans empesés de son histoire :
"Je te confierai peut être de cette époque l'histoire de l'un de mes grands oncles allemands Déporté Torturé ..." (page 24)
l'illumine rétrospectivement de sa souffrance qui à bien y prendre garde est aussi la nôtre. Au lecteur parceque ses synapses font "pschit" à chaque mot, à chaque phrase : à chaque saut! C'est à dire que nos connexions neuronales sont déconstruites à la lecture de NABEL et immédiatement reconstruites, mais différemment selon une autre configuration et tout celà à la vitesse de l'éclair et de manière sans cesse recommencée.
En refermant le livre, qu'on le lise d'une traite ou non, nous sommes prêt pour un nouveau départ, comme un ordinateur reconfiguré mais pas formaté.
ENERGIE DE LA VIE !
mercredi 28 juillet 2010
Une Nouvelle Typiquement Sarde

Il existe en Sardaigne, et cela saute aux yeux du premier regard averti, une dialectique de la montagne et de la mer. La garrigue et le maquis se jettent dans la Méditerranée à corps perdu ; et si la vie y semble paisible c’est que l’homme a été domestiqué par son environnement : entre le village perché et le port une vie pieuse s’est développée où les relations entre les deux mondes sont pusillanimement tenues dans un grand livre des comptes et des échanges.
Cette subtilité demeure complètement inconnue au touriste qui a fait résolument le choix de la mer et de ses plages, sortant d’une amnésie complète qui le prend au tarmac de l’aéroport uniquement lorsqu’il aura investi la chambre d’hôtel climatisée qui l’attend dans la station balnéaire de son choix. Entre les deux les montagnes intérieures n’auront été qu’une longue route sinueuse, fatigante et torride : les courbatures de ces heures de conduite resteront l’unique souvenir de son passage dans ces belles terres plantées de pierres, de buissons, de chênes, de pins et d’oliviers selon les étages de la montagne où se succèdent cols, plateaux et sommets. C’est à peine si passé la première baignade il se remémorera ému des chaos granitiques entraperçus par les hublots de son avion à proximité de la piste d’atterrissage.
Dès le premier soir de notre arrivée à notre hôtel perché à mi chemin d’un à pic vertigineux qui domine l’entrée septentrionale du golfe d’Oghliastra, je fis la connaissance d’un fier bouc. C’est une petite fille qui le désigna du doigt alors que de profil, sur la partie sommitale de la montagne, la tête crânement tournée dans notre direction, il faisait face à la mer dos au soleil couchant dont les rais de lumière rasante le révêtaient d’une aura prestigieuse et sereine. Je le revis chaque soir à la même heure posté sur la montagne comme en un défi lancé à la mer.
Il abandonnait son poste à la nuit tombante, alors que nous rentrions du restaurant, en une volte face noble et arrogante. Je pouvais entendre le dialogue qu’il tenait avec la mer et les supplications de la terre pour qu’il reste auprès d’elle. Mais pour lui n’existait que la confrontation avec la vaste étendue d’eau et l’horizon.
Les pentes orientales de la Sardaigne sont vertigineuses et plongent subitement dans la mer, n’offrant à celui qui s’y engage que la possibilité de s’y jeter en une course folle, effrénée : la moindre tentative d’arrêt se solderait par une chute mortelle et il fallait bien l’agilité d’un caprin pour se mouvoir sur ces pentes sans se tordre le cou avant même d’avoir atteint les premières vagues.
Le mutisme dans lequel le bouc s’était enfermé était inviolable, si bien que la mer n’avait même pas besoin de contrecarrer les arguments de la terre. Seul le défi lancé par la mer le préoccupait : « Lâche, lui disait elle ! Jamais tu n’oseras m’affronter. Lâche ! ». La confrontation durait depuis longtemps déjà : « il diavolo » était le surnom que lui avaient donné les villageois, habitués à ses frasques vespérales. Et c’était bien l’image du diable en personne que donnait à voir ce bouc avec ses cornes, ses sabots fendus et sa queue frétillante d’excitation et d’énervement, qui se détachaient des rayons de soleil couchant.
Cette lâcheté qui lui était jetée à la figure, il la ruminait chaque nuit et chaque jour jusqu’au soir tombant où il rejoignait sa vigie. Alors l’affrontement pouvait commencer. Le bouc restait silencieux essuyant toutes les provocations, toutes les avanies : pour la première fois c’était la mer qui m’apparaissait diabolique dans ce duel inégal. « Il diavolo » n’était en fait qu’un surnom antithétique tant son courage était pur et sa folie engagée : ainsi en va-t-il en Sardaigne comme dans toutes les campagnes, « il nero » sera le sobriquet attribué au plus blond des villageois et « il biancho » au plus basané.
C’est en revenant d’un dîner tardif qu’en sortant de la voiture nous entendîmes comme un grondement, un éboulement de pierres dont les premiers échos de la mer se firent entendre rapidement : « il diavolo » avait franchi le rubicon, il s’était élancé à l’appel de la mer et rien désormais ne pouvait plus l’arrêter. En un battement de cil il avait dévalé la montagne et c’est à peine si je l’entendis, au milieu du chaos de pierre qu’il entraînait avec lui, alors qu’il retournait une dernière fois sa tête vers la terre pour lui adresser ces mots qui sont restés gravés en moi avant qu’il ne plonge dans l’eau salée : « Le vrai courage, Terre, aurait été de rester près de toi … je m’en rends bien compte à présent qu’il est trop tard ! ». Nous le voyions alors nager et gagner le large, laissant sur sa droite le dernier refuge que la Terre pouvait lui offrir : deux petites îles tenaient l’entrée du golfe. Aide désespérée qu’il ignora superbement en un fatum tragique, ses cornes torsadées disparaissant les dernières à l’horizon alors que la lune se levait.
vendredi 2 juillet 2010
Les Partisans
"Il y a des pays où les gens au creux des lits font des rêves
Ici nous vois tu, nous on marche et nous on tue ... ou on crève
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe,
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place"
Maurice DRUON et Joseph KESSEL, Le chant des partisans
Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe,
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place"
Maurice DRUON et Joseph KESSEL, Le chant des partisans
C'est un immense privilège que d'être créateur . J'avais tendance à l'oublier!
Pendant que nous créons une oeuvre d'autres se battent plus prosaïquement et nous permettent de créer : nous devons leur en savoir gré, leur en être reconnaissant.
Je lisais les mémoires de Claude LANZMANN avant de partir pour Paris : ces temps, ceux de la guerre, ne sont pas révolus. Toujours des hommes se battent, nos frères, nos soeurs en humanité, nos concitoyens, nos camarades. Je n'ai jamais, ou que de très loin, connu les champs sur lesquels ils se battent : cela m'a commotionné et je n'en suis pas sorti indemne.
Par les mots nous pouvons les soutenir, mais par des mots engagés, des mots de lutte : "Extensions du domaine de la lutte" disait l'un des nôtres, oui extension de ce domaine pour ne plus jamais le laisser libre à l'infâme. Car nul refuge existe désormais : ni les loisirs, ni les arts.
à Françoise par qui je connais rétrospectivement le sens du mot aimer.
à Françoise, camarade mal aimée, que par ces mots j'entends ressusciter (à ma vie).
à Françoise, camarade mal aimée, que par ces mots j'entends ressusciter (à ma vie).
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