mardi 20 septembre 2011

RDV avec l'histoire

Je ne me fais plus aucune espèce d’illusion sur les tenants et les aboutissants de la « real-politik » qui navigue à vue au gré des opinions publiques. Dans le cas précis de la demande de reconnaissance de souveraineté par l’Autorité Palestinienne auprès du Conseil de Sécurité de l’ONU, des intérêts trop éminemment politiques sont en jeux pour que je puisse me déterminer sur son opportunité stratégique immédiate tant pour la Palestine, que pour Israël, mais aussi les Etats-Unis, l’Union Européenne dont la France … L’histoire jugera de ce qui aura lieu ou non à l’ONU le 23 septembre 2011.



Cependant une phrase de trop a été prononcée par M. Benjamin Netanyahu, Premier Ministre en fonction de l’Etat Israélien. Je cite : « Benyamin Nétanyahou a tourné en dérision cette majorité automatique à l'Assemblée générale "où n'importe quelle résolution peut être adoptée". Elle "peut même décider que le soleil se lève à l'ouest et se couche à l'est", a-t-il ironisé, "mais elle n'a ni le poids, ni l'importance du Conseil de sécurité". » (cf. http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2011/09/18/etat-palestinien-netanyahu-se-rendra-a-l-onu-pour-exprimer-sa-verite_1573968_3218.html ).

Devrait-on rappeler que c’est L’ONU et son Assemblée Générale qui, en 1947, ont adopté la résolution 181 (cf. http://www.un.org/french/documents/view_doc.asp?symbol=A/RES/181(II)&Lang=F ) stipulant la partition de la Palestine alors sous mandat britannique et donc la création de l’Etat Israélien.

Je trouve donc qu’il est un peu fort de café de chier dans la gueule d’une organisation qui vous institue comme nation souveraine. Et si j’étais son représentant je me ferai fort de lui rappeler non pas « cette vérité », mais « La Vérité Historique » (cf. entre septembre 1947 et le 25 novembre 1947 deux tours sont nécessaires pour obtenir le quorum des 2/3 des voix de l’Assemblée Générale de l’ONU d’alors, pour que le texte soit adopté. Au final : 25 voix pour, 13 contre et 19 abstentions).

La résolution 181 s’intitulait alors joliment « Plan de Partage avec Union Economique ». Mes lacunes historiques m’ont rappelé ce joli intitulé, ce jour même, en consultant les archives en ligne de l’ONU et me revient en mémoire un de mes mots d’ordres constant dans mon engagement concret pour la paix Israélo-Palestinienne: la création d’un M.O.U. (cf. Moyen Orient Unifié) … le jeu de mot était fait exprès, après tant d’années de dures réalités conflictuelles !

PS : Je suggère également au MIT de dégrader les diplômes obtenus par M. Netanyahu (cf. http://mitadmissions.org/wiki/Notable-Alumni#Government-Politics ) dont le savoir n’est certes pas au niveau de cette prestigieuse université, à moins que … son « Bachelor of Science degree » en architecture sanctionne son œuvre expansionniste des colonies en territoires occupés !

NB : Sur le site http://en.wikipedia.org/wiki/Benjamin_Netanyahu#Early_life.2C_military_service.2C_education.2C_and_early_public_career Benjamin Netanyahu se targue d’avoir étudié la Science Politique à la célèbre Université de Harvard … j’attends toujours confirmation de la sanction de ces études par un diplôme !

lundi 5 septembre 2011

Rectifications !

Petite modification à la marge pour le blog « Comment je suis devenu écrivain ».

Vous aurez remarqué que le bandeau « Les Préférences » a disparu ; que le bandeau « Les Maîtres » a été modifié ; qu’est apparu un bandeau « Les rencontres qui comptent ».

Pourquoi ?

Je ne renie pas mes références (cf. Claude Lanzmann et Pierre Vidal-Naquet). Cependant un troisième bandeau aurait alourdi la structure du blog, j’ai donc préféré simplement le supprimer. J’ai privilégié les rapports plus ténus entretenus avec certaines personnes, que ceux que je connaissais juste par certaines de leur production.

De fait Jean Bollack et Claude Vigée ont transmigré dans le bandeau « Les Rencontres qui Comptent ». D’autres pourraient y prétendre, mais encore une fois je ne voulais pas alourdir la présentation de mon blog. D’ailleurs les personnes qui pourraient y figurer apparaissent déjà sur ce blog sous d’autres rubriques. Seule Michèle Duclos n’y est pas représentée, grave lacune liée à l’absence de site dédié à sa personne. Il faudrait pour lui rendre justice, créer une rubrique intitulée « Ma Marraine » tant elle fut déterminante dans mon intégration à Bordeaux et mon évolution personnelle. Que ces quelques lignes viennent compenser cette absence regrettable.

Pour en revenir à Jean Bollack et Claude Vigée, je les classais prétentieusement dans la catégorie « Les Maîtres », ce qui est faux. Je ne renie pas leur influence, mais cela supposait tout de même avoir reçu d’eux un « Enseignement ». Or pour tous deux, déterminantes et fécondes qu’aient pu être nos rencontres et échanges, je ne peux sous entendre cela. De par l’affection et le respect que je leur porte, j’ai extrapolé leur rôle comme en un vœux pieu. J’espère qu’ils ne m’en tiendront pas rigueur.

Pascal Enard figure donc à présent dans le bandeau « Les Maîtres » comme en un rétablissement d’un oubli fâcheux. En effet depuis 2008 il m’a accueilli chez lui, m’a convié à ses apparitions publiques (des fois pour y tenir un rôle actif) … et surtout a répondu systématiquement à mes sollicitations. Je ne veux pas dire qu’à chaque fois que je l’appelais ou lui écrivais il me répondait explicitement, mais ses silences ou ses fins de non recevoir tenaient lieu systématiquement de réponses significatives, maniant ce faisant tout l’art d’un maître. Enfin je me retrouve dans l’éthique de vie qu’il développe.

J’espère qu’il ne me tiendra pas rigueur de le classer dans cette catégorie, seul de surcroît. Je tiens à préciser que je ne revendique pas le titre « d’élève » de Pascal Enard, simplement il me paraît évident rétrospectivement et avec un peu de retard qu’il se soucie de moi et que mes rapports avec lui sont suffisamment conséquents et de nature idoine pour être qualifiés « d’enseignement ».









samedi 20 août 2011

RENTABILITE FATIGUE.015

« La mauvaise passe et l’interprétation sommaire »

Et nous voilà au dernier chapitre de Rentabilité Fatigue, comme en une invitation à découvrir l’ensemble de l’œuvre passée et à venir de Pascal ENARD.

Marxiste (oui, il ne s’en cache pas), Pascal ENARD est un curieux marxiste quand on se réfère aux caricatures qui ne cessent de trahir Karl MARX. Et pourtant marxiste curieux, Pascal ENARD donne tout son sens à la « dictature du prolétariat » pour peu que l’on comprenne bien la vocation internationaliste de ce terme qui a tant fait coulé d’encre. De sa vocation polyhumaniste devrais je dire.

Loin de faire « table rase du passé » le programme action de Pascal ENARD consiste à s’appuyer sur les leviers économiques et sociaux existants pour, à travers une stratégie subversive, servir « au profit de tous les vivants » (page 154).

En passant de la critique de la gratuité des logiciels libres (page 141) jusqu’à l’utilité de la spéculation (page 154), la réflexion de Pascal ENARD nage à contre courant de la doxa de gauche qui a tôt fait de condamner le soit disant « ennemi du peuple ». Au contraire « le polyhumanisme, concevant la complémentarité des civilisations en conflit ne veut « passer à l’acte » sans étudier la situation concrète des figures en tension et les résultantes complexes de leurs forces et rapports » (page 151).

Or nous avons besoin d’humains qui gardent « la patience assidue d’aller au bout des raisons complexes des faits » (page 133). Et d’enfoncer le clou en citant Denis THOUARD : « […] il n’y a pas de censure plus forte que celle qui est aussi la plus commune et qui confère à l’incompétence le droit de s’exprimer avec la même autorité que le savoir. » (pages 134 - 135).

mardi 9 août 2011

RENTABILITE FATIGUE.014

« FAUSSE LIBERTE ET SOLIDARITE FAUSSEE »

Deux influences majeures transpirent dans ce court chapitre : Marx (même si Pascal ENARD se porte en faux contre les interprétations sommaires de la doxa marxiste) et La Boëtie.

C’est à cette dernière influence que je voudrais ici m’intéresser sur le thème « De la servitude volontaire » : « Ce ne sont plus les gens qui veulent mais l’addiction par la domination pulsionnelle de la situation qui choisit pour eux » (page 127).

Cette servitude face « au grand autre » (page 127) mais aussi dans certaines volonté d’émancipation qui ne pourront que capoter, engoncer qu’elles sont dans « une jalousie petite bourgeoise » (page 125). Et Pascal ENARD d’évoquer l’intranquillité, au sens où l’entendait Fernando PESOA, du sujet face à ce grand autre :

« En ces jours de l’âme comme celui que je vis aujourd’hui, je sens, avec toute la conscience de mon corps, combien je suis l’enfant douloureux malmené par la vie. On m’a mis dans un coin, d’où j’entends les autres jouer. Je sens dans mes mains le jouet cassé qu’on m’a donné, ironiquement un jouet de fer-blanc. Aujourd’hui 14 mars, à neuf heures dix du soir, voilà toute la saveur, voilà toute la valeur de ma vie. » (Le Livre de l'Intranquillité, Fernando PESOA)

Car c’est bien de valeur dont il est question ! Economique, sociale, familiale et in fine psychique qui se boucle à nouveau dans le somatique …

Nous souffrons de ne figurer à la vie, c'est-à-dire de n’être que figurant sur la scène de la vie : plus personne ne compte si ce n’est le dominant, et encore … pris dans un jeu de pouvoir il ne doit le maintien à sa place que par une défense active et outrageuse dans le but de ne pas se faire évincer : pauvre domination en réalité que celle-ci, commandée par des conditions extérieures au dominant.

En fait c’est au centralisme, sous toutes ses formes (même déconcentré), que cette situation doit de se perpétuer. Et avec le centralisme, la croissance incontrôlée des formes de domination institutionnelle qui se traduisent par le totalitarisme de l’administration d’Etat, des Multinationales … Cette dictature administrative et son incompétence, sa propension à l’inefficacité sociale, a été décelée dès le 19ième siècle par des auteurs viennois, se transmet avec Kafka et s’analyse socialement par des économistes tels Galbraith à partir de la deuxième moitié du 20ième siècle.

La tendance du capitalisme à générer, non seulement l’automatisation des tâches productives et administratives, mais aussi à gérer les relations humaines interindividuelles par l’accumulation d’algorithmes automatiques de résolution des problèmes et du quotidien a pour conséquence une organisation sociale mortifère où la réalisation de l’individu et du vivant n’est plus possible.

Face à ces formes d’organisation, Pascal ENARD prône l’apparition de « compétences nouvelles » (page 125) partagées et vivantes, tout en laissant « fusionner les grandes structures » (page 123) qui périront d’elles même par l’inefficacité de leur organisation … à moins qu’elles ne s’adaptent, au moins à la marge.

Réalisation de soi et partage avec l’autre voilà donc les deux conditions nécessaires au développement de la vie. Encore faut il qu’une place soit faite à ces possibilités de développement personnel : l’individu étant pris entre le marteau de l’organisation dominante et l’enclume de la critique dominante.

Ce faisant je repense sans cesse aux mémoires de Géronimo qui, narrant sa vie, insiste sur la multiplicité des possibilités de réalisation personnelle et de reconnaissance sociale des jeunes membres des tribus apaches. A une époque où l’humanité et sa jeunesse en particulier souffre du manque de reconnaissance et de possibilités de réalisation, je ne peux m’empêcher de me demander en me retournant sur mon passé : « et toi, qu’as-tu fait de tes plus belles années ? »

Intranquille, voici donc notre lot, à moins d’un sursaut révolutionnaire de libération et de réalisation personnel reconnu par les autres.

vendredi 29 juillet 2011

RENTABILITE FATIGUE.013

« L’épuisement nihiliste du monohumanisme », chapitre fondamental à la compréhension du polyhumanisme. Cette compréhension passe chez moi par l’entendement de ce qu’il n’est pas comme en manière de se porter sur une colline éloignée pour contempler le sommet que nous n’appréhenderions pas du pied de ses pentes.

Deux sections m’interpellent particulièrement :
- « Ecrire dans la langue » (page 111)
- « Le polyhumanisme n’est pas un multiculturalisme. Est il un métissage ? » (page 112)

La première expose une visée programmatique : « Comment produire un niveau d’énonciation qui soit un acte de pensée impulsant indéfectiblement ses actes de pratiques sociales transformatrices ? » (page 112).

La deuxième démonte la notion fourre tout et à la mode du multiculturalisme : « versant sociologico civilisationnel des politiques libérales post industrielles (communicationnelles) » (page 110). Après la pseudo cohabitation, Pascal ENARD s’interroge donc sur le mélange. Le métissage, peut être condition nécessaire en tout cas pas suffisante : « c’est la microcosmogonie qui doit changer en même temps que les cosmogonies islamique, juive, catholique, inuit, etc., apprennent à coexister. Il ne suffit pas, à Pierre, français « de souche », d’épouser une « black », pour qu’ils deviennent polyhumanistes. » (page 113)

Le polyhumanisme est donc exigence, n’est pas aisé d’accès car il implique tout l’être : « une révolution au plus intime » (page ?). De fait « le polyhumanisme ne saurait inspirer confiance d’emblée » (page 106) car il ne répond pas putassièrement à notre besoin infini de consolation. Avec le polyhumanisme pas de rasssurement immédiat, voir même parfois « le rejet des demandes de rassurement » (page 117).

Pascal ENARD est un maître, car il nous fait découvrir l’être polyhumaniste et nous aide à y parvenir si on en manifeste le souhait. Mais si Pascal ENARD est « un camarade chahutable » (page 118) c’est aussi un camarade chahuteur qui par petites touches pertinentes recadre son disciple sur la voie que ce dernier a choisi.

Ce en quoi il ne suffit pas seulement de comprendre Pascal ENARD, il faut aussi vouloir cheminer sur les voies du polyhumanisme : c'est-à-dire être guidé sur ces terres qui lui sont familières pour les avoir découvertes et explorées.

vendredi 17 juin 2011

RENTABILITE FATIGUE.012

FATIGUE D’EROS

« Il faut tant de métier pour une harmonie, si fragile, que sa copie va supplanter.
Rude concentration aménage en terrasses les plissements de soi.
La dissipation a horreur de misère ;
qui n’accumule ne peut perdre.
Le veau d’or ferme chacun sur soi,
mais le samadhi ne nourrit. »

(Pascal ENARD, Rentabilité Fatigue, page 89)

Et Pascal ENARD de traiter des racines sociales de l’aliénation psychologique et de la réification « sexuelle ». Et c’est à nouveau pour le lecteur que je suis – le visiteur de sites pornographiques, l’amant qui pense à une autre pendant l’acte sexuel … – une mise à bas des croyances convenues et bien confortables dans lesquelles je m’étais réfugié. Pascal ENARD n’est pas un jésuite, on ne va pas à ses textes comme on va à confesse : nulle exigence de contrition, de castrations, d’abandon de pratiques « coupables » pour de plus « vertueuses ». D’ailleurs en plein abandon copulatoire comment pourrais je empêcher mes pensées de divaguer vers un autre objet de désir à moins de débander et de m’infliger une abstinence douloureuse ? Non, ce que propose Pascal ENARD c’est d’analyser les causes de nos pratiques du désir afin de mieux en démonter intérieurement les processus ; pour ne plus être en prise, pour ne pas dire dépendants au sens d’addiction, des « mécanismes » pernicieux qui nous gouvernent et nous font du tort … nous inscrivent dans la « sous-jouissance » de surcroît.

L’Internationale Situationiste rédigeait en 1967 « De la misère en milieu étudiant » : NOUS SOMMES TOUS DES ETUDIANTS insiste Pascal ENARD.

Et le « libertinage » contemporain n’est pas si libre. Cependant il offre des possibilités symptomatiques de décharges, un exutoire … un dépotoire aussi. Mais depuis quand le métier d’éboueur serait il impropre ? Il est au contraire bien utile dans une société qui ne fabrique que des déchets.

Nous aspirons à mieux toutefois :

« Nous valons face à la douceur aux mesures où nous affrontons les cruautés des sorts et des maldonnes – sans s’en défausser sur plus faible – et surmontons les stigmates des efforts rugueux pour rester droits. » (Pascal ENARD, Rentabilité Fatigue, page 88)

A l’aune de Pascal ENARD il me semble que l’affaire DSK prend une autre couleur :

« Ce qui reproduit la jouissance d’organes fétichiste c’est le masochisme, la soumission vaincue du lésé.
[…]
Le rapport social capitaliste est reproduit – sous l’édiction des contrats à respecter – du fait que le puissant les bafoue tandis que les faibles en pâtissent.
Face au bafouement de son obligation convenue , édictée dans le contrat général qui nous lie, je suis décontenancé, ce dont le puissant profite pour asseoir le pouvoir tiré de sa transgression. Habituellement cela occasionne la contagion : le faible est tenté lui aussi de ne pas respecter ses propres obligations, en défaveur d’encore plus faible que lui. » (Pascal ENARD, Rentabilité Fatigue, page 94)

Pascal ENARD nous offre simplement une « science des figures de style de vie » (page 96) pour ne plus être prisonnier des rôles, d’apparences douteuses.


dimanche 15 mai 2011

RENTABILITE FATIGUE.011

SUITE DU CHAPITRE « Rendre Au Mort Pour Les Vivants »

De plus en plus pertinent dans son propos qui s’approfondit et se précise : Pascal ENARD commence à nous livrer les tenants et les aboutissants d’une action concrète visant à remettre le capitalisme dominant à sa place.

Il convient déjà, dans le contexte actuel de lutte des classes de se positionner relativement à l’altérité et relativement à soi (surtout) : ne plus subir sa fonction de figurant. Comme Lysistrata avait appelé ses consoeurs athéniennes à faire la grève du sexe, je me demande si face aux figurants du capitalisme, il ne convient pas avant tout de ne plus épuiser ses forces vives, littéralement et figurativement « pompés » (cf. plagiat) par ces figurants. En leur prêtant le flanc, on leur donne toujours matière à poursuivre leurs actions anti-sociales.

D’où la nécessité d’être le plus possible au clair avec soi même (cf. connaissance de soi) pour pouvoir l’être dans sa relation à autrui : pouvoir la moduler selon le figurant auquel on a à faire. Car même un individu est tiraillé par différents mouvements tectoniques et il convient de lui rendre justice lorsque sa relation à l’autre passe par la fonction communielle, soit-il en dehors de ce moment de grâce le plus pur parasite social qui soit (cf. plagiaire, exploiteur, tyran …).
Et je commence à comprendre cette notion chez Pascal ENARD de polyéthique des échanges : comme un prisme qui se diffracte et se réfracte dans notre relation à autrui, la lumière blanche ne suffit pas à rendre compte de la complexité des échanges interhumains et celle-ci se décompose en tout le spectre des couleurs avant de se recomposer dans le meilleur des cas.

Toujours est-il qu’une seule éthique, moniste, ne suffit pas et épuise rapidement qui voudrait par moral s’y tenir. L’éthique doit être à géométrie variable selon le figurant auquel on a à faire et selon son attitude du moment. Il convient dès lors d’essayer de rendre compte, et c’est le travail titanesque que Pascal ENARD nous offre, de l’ensemble des figures possibles par décomposition des figures réelles et recomposition des fonctions primordiales.

Voilà l’outil que nous propose Pascal ENARD pour ne plus être pris au dépourvu dans nos échanges interindividuels, afin de situer les êtres auxquels nous pouvons être confronté et adapter notre comportement : ne pas utiliser de bazooka pour neutraliser une mouche importune ; inversement ne pas être pris au dépourvu par une arme de destruction massive … mais aussi savoir communier avec l’être pour qui l’amitié se manifeste. Toutes démarches empathiques de compréhension de l’autre (et non cynique) qui conserve notre humanité et construit celle de l’autre dans le cadre d’un polyhumanisme qui est le contraire du multiculturalisme moral de bon aloi de nos jours. Ce multiculturalisme qui a tendance à relativiser toute valeur, si bien que rien ne semble plus en avoir alors qu’elle s’impose quotidiennement à nous : tour de passe-passe bien pratique pour nous faire consentir à notre situation subie.

NB : petite précision, dans ma chronique précédente j’ai du écrire « Rendre Aux Morts Pour Les Vivants ». Or c’est bien au singulier que le nom « Mort » est décliné. D’où une interprétation plus précise de ce titre : il s’agit me semble-t-il de restituer aux êtres vivants la matière morte non productive, accaparée, résultant de la destruction du travail vivant.